Glossaire · Analyse

La Relance Est un Plan pour Battre le Pressing, Pas un Goût pour le Jeu Court

La relance est la façon dont une équipe sort le ballon de son gardien et de ses défenseurs vers le milieu face au pressing. Ses formes, sa mesure, ses contresens.

A goalkeeper, two centre-backs, two full-backs and a pivot connected by pass lines, with a red arrow progressing the ball into midfield.
Image : Touchline Notes

La relance, ce que les Anglais appellent build-up play, est la façon organisée dont une équipe amène le ballon de son gardien et de ses défenseurs jusqu'au milieu, face à un adversaire qui cherche à l'en empêcher. Ce dernier membre de phrase est l'essentiel. Faire tourner le ballon entre quatre défenseurs pendant que l'adversaire attend en bloc médian, c'est de la circulation, pas de la relance. La relance commence quand une équipe a le ballon bas dans son camp et qu'en face quelqu'un presse pour le reprendre. Elle s'achève quand le ballon atteint un joueur tourné vers l'avant dans le tiers médian, la première ligne de pression dans son dos. Les entraîneurs parlent aussi de sortie de balle ou de construction depuis l'arrière, et « repartir de derrière » décrit la même phase, en insistant sur le refus de dégager loin.

Tout le problème est arithmétique. Si l'adversaire presse à trois contre une défense à quatre, l'équipe en possession a un joueur libre. Si le pressing ajoute un milieu pour faire quatre contre quatre, le joueur libre disparaît et quelqu'un doit le recréer. Le gardien est ainsi devenu la première pièce de la plupart des relances : il est le seul joueur que l'équipe qui presse ne marque presque jamais, et une défense qui s'en sert comme passeur de plus part toujours avec un avantage numérique, si mince soit-il. Coaches' Voice présente ainsi le rôle du gardien moderne avec ballon : celui qui rend possible un surnombre dans son propre camp avant que quiconque ait bougé.

À partir de là, les formes varient, et il faut résister à l'idée que toutes les équipes relancent de la même manière. Une défense à quatre peut s'écarter pendant qu'une sentinelle décroche entre les centraux pour former une ligne de trois provisoire. Une défense à trois peut rester telle quelle et pousser ses pistons très haut, en utilisant la largeur pour étirer une première ligne qui préférerait rester compacte. Certaines équipes font rentrer un latéral au milieu, à côté de la sentinelle : la relance prend alors la forme d'un trois derrière et d'un deux devant, ce qui donne au porteur deux solutions courtes et conserve une structure défensive en cas de perte. Le Manchester City de Pep Guardiola a utilisé John Stones de cette façon dans la dernière ligne droite de sa saison du triplé : il sortait de la ligne défensive pour devenir un second milieu quand City avait le ballon. Aucune de ces formes n'est la bonne réponse. Chacune répond à ce que le pressing adverse enlève.

C'est le compromis sur lequel les analystes passent le plus de temps. Une équipe qui presse haut engage des joueurs vers l'avant et laisse de l'espace derrière eux. Une relance qui survit au pressing arrive donc au milieu face à une défense dégarnie. Une équipe qui presse moins fort concède la première passe mais garde plus de monde entre le ballon et son but. Le PPDA est la manière habituelle de chiffrer le versant pressing de ce marché. Lire le PPDA d'une équipe à côté de la réussite de la relance adverse vous dit si le risque pris de chaque côté paie.

Mesurer le versant possession est plus difficile, car la relance est une séquence et non un événement isolé. L'approche habituelle consiste à compter les actions qui sortent vraiment le ballon du premier tiers : les passes et conduites progressives qui partent du propre camp, le nombre de passes nécessaires pour quitter le tiers défensif, et la fréquence à laquelle une possession partie du gardien se termine par une réception profonde ou un tir. Certains fournisseurs vont plus loin et regroupent les séquences de relance selon leur point de départ et leur trajet, pour montrer à un entraîneur les circuits de sortie préférés d'un adversaire plutôt qu'une moyenne. Rien de tout cela n'est aussi standardisé que les buts attendus. Deux analystes peuvent fixer différemment la fin de la phase de relance et tirer des chiffres différents du même match.

Ce que les chiffres de relance ne vous disent pas, c'est si l'équipe sait attaquer. La possession n'est pas la progression. Une équipe peut réussir toutes ses passes dans son camp, sortir proprement du pressing, puis ne rien savoir faire du ballon une fois au milieu. À l'inverse, une équipe peut mal relancer sur le papier, allonger sur chaque six mètres, et rester efficace si elle gagne les seconds ballons et joue vite ensuite. La relance est une phase, pas une philosophie, et les mesures décrivent la phase. Savoir si la sortie du pressing se transforme en occasions relève des passes progressives et des réceptions profondes qui suivent, pas du décompte de relances.

Pourquoi repartir de derrière est-il si populaire ?

Parce que l'autre option rend le ballon. Un long dégagement, sur un six mètres ou de la part d'un central pressé, devient un duel aérien que chacun peut gagner. Une équipe qui allonge abandonne donc plus ou moins sa possession pour parier sur la suivante. Relancer à travers le pressing conserve le ballon et, si le pressing est battu, laisse à l'adversaire moins de joueurs entre le ballon et son but qu'au départ. Le prix, c'est la perte de balle occasionnelle dans une zone dangereuse. Les équipes qui jouent ainsi investissent donc beaucoup dans le jeu au pied du gardien et dans des structures de rest defense capables de tenir quand cela tourne mal.

Sources et pour aller plus loin

  1. What is build-up play in football? — zone14 (consulté le 18 Sep 2026)
  2. What Is Build-Up Phase In Football? Tactical Theory — Total Football Analysis (consulté le 18 Sep 2026)
  3. The modern goalkeeper: football tactics explained — The Coaches' Voice (consulté le 18 Sep 2026)