Systèmes et rôles · Analyse
Renard des surfaces : l'attaquant qui vit dans la surface
Le renard des surfaces vit dans la surface et marque de près en une ou deux touches. Rôle en tableau, schéma, exemples et comment le repérer.
Le renard des surfaces est un attaquant qui vit dans la surface de réparation et marque de près, le plus souvent en une ou deux touches. Il participe peu à la construction : sa valeur tient au placement, à l'anticipation et à la finition.
L'image du renard dit tout. Il rôde, attend et prend ce que la défense aurait dû protéger : un ballon qui traîne, un rebond, un centre mal jugé par un central. Wikipédia le décrit comme un avant-centre qui passe l'essentiel de son temps à rôder dans la surface pour récupérer les ballons. Parmi les profils d'avant-centre, c'est le plus spécialisé. Toute sa valeur tient dans un résumé de buts, et on le voit à peine le reste du match. On dit aussi « renard » ou « pur finisseur ».
| Renard des surfaces | |
|---|---|
| Zone | Avant-centre, entre les centraux et dans la surface |
| Mission principale | Finir les occasions de près, souvent en première intention |
| Sans ballon | Reste haut, à la limite du hors-jeu, dans le dos du dernier défenseur |
| Systèmes | 4-4-2, 3-5-2, 5-3-2 (avec un partenaire d'attaque) |
| Numéro | Le plus souvent le 9, le numéro traditionnel de l'avant-centre |
| Rôles voisins | Attaquant pivot, neuf et demi, faux 9 |
| Exemples | Gerd Müller, Filippo Inzaghi, David Trezeguet, Radamel Falcao |
Ce que le renard fait avec le ballon
Très peu, et c'est voulu. Il ne garde pas le ballon dos au but, ne le porte pas au milieu et ne donne pas la dernière passe. Ses touches arrivent en fin d'action, dans la surface, et la plupart sont des tirs. Wikipédia note qu'il touche en général très peu de ballons et qu'il mise sur sa vivacité, sa rapidité d'exécution et sa capacité à se défaire du marquage.
Son vrai travail a lieu une seconde avant le ballon. Il lit où le centre va tomber, où le gardien va repousser, où la déviation va retomber, et il y arrive le premier. Les mouvements sont petits : un pas dans le dos du central, un appel au premier poteau puis un retour au second, une arrivée tardive dans l'espace qu'un partenaire vient de libérer. Foot Mercato résume le principe : qu'il vienne d'une volée, de la hanche ou d'une erreur du gardien, un but est un but.
Ce qu'il fait sans ballon
Il reste haut. Le renard vit sur la dernière ligne adverse, souvent à la limite du hors-jeu, et attend le moment où une passe ou un centre peut partir dans le dos. Wikipédia, en anglais, décrit Filippo Inzaghi comme un attaquant qui vivait sur la ligne du hors-jeu. Sir Alex Ferguson plaisantait qu'il devait être né hors-jeu.
Cette position a un coût et un avantage. Le coût est défensif : le renard mène rarement le pressing. Foot Mercato rappelle que les attaquants sont devenus les premiers défenseurs, ce qui a fait reculer ce profil. L'avantage, c'est qu'il fixe la défense. Les centraux ne peuvent pas monter librement quand un attaquant attend dans leur dos. La ligne adverse reste plus basse, et les milieux ont plus d'espace devant elle.
Les systèmes qui l'utilisent
Le renard joue mieux avec un partenaire. Dans un 4-4-2 (version outil), le duo classique associe un pivot, qui gagne le ballon long et le garde, et un renard, qui vit de ses déviations et de ses remises. Les deux milieux excentrés apportent l'autre source d'occasions : les centres dans la surface. Le schéma ci-dessus montre exactement cela, avec l'ailier droit qui centre vers l'attaquant placé dans la surface.
Foot Mercato rappelle qu'à la fin des années 1990 et au début des années 2000, quand le 4-4-2 dominait, les purs finisseurs jouaient avec un attaquant plus créatif à côté d'eux. D'où des duos comme Trezeguet-Del Piero à la Juventus ou Inzaghi-Shevchenko à Milan.
Un 3-5-2 (version outil) fait la même chose avec deux attaquants et les pistons pour la largeur. Seul en pointe, dans un 4-3-3 ou un 4-2-3-1, le renard pur est plus dur à placer. L'avant-centre unique doit aussi garder le ballon, presser et combiner. Le même article explique ainsi la disparition annoncée du profil.
Exemples
- Gerd Müller (Bayern Munich, RFA) est la référence. Foot Mercato en fait l'archétype du renard des surfaces. Selon Wikipédia, il a marqué 365 buts en 427 matchs de Bundesliga et 68 buts en 62 sélections. Il marque le but de la victoire en finale du Mondial 1974 contre les Pays-Bas.
- Filippo Inzaghi (Juventus, Milan AC, Italie). Wikipédia le présente comme un avant-centre de type « renard des surfaces ». En 2006-2007, il est souvent remplaçant d'Alberto Gilardino. Il marque pourtant un doublé en finale de la Ligue des champions contre Liverpool et offre le titre à Milan.
- David Trezeguet (Juventus, équipe de France) est la référence française pour Foot Mercato. Thierry Henry y raconte que même malade, il se met dans la surface et il marque. Sur Wikipédia, son geste le plus célèbre résume le profil. En finale de l'Euro 2000 contre l'Italie, il marque le but en or d'une volée à bout portant, sur un centre en retrait de Robert Pirès. Il reste le meilleur buteur étranger de l'histoire de la Juventus, avec 171 buts.
- Radamel Falcao figure avec Trezeguet et Inzaghi parmi les renards les plus célèbres cités par Wikipédia.
Ce qui les relie : arriver dans la surface au bon moment et finir en une touche.
Ce qui le distingue des rôles voisins
- Attaquant pivot : il joue dos au but, gagne les têtes et garde le ballon pour les autres. Le renard fait face au but et veut le ballon dans la surface, pas en dehors. Les deux se complètent, d'où leur association fréquente.
- Faux 9 : il part en pointe puis décroche au milieu pour recevoir. Le renard fait l'inverse et reste sur la dernière ligne. La page faux 9 et avant-centre détaille cette différence.
- Neuf et demi : il joue un peu plus bas, dans un rôle libre, et fait marquer autant qu'il marque. Un renard qui commence à décrocher pour combiner glisse vers ce rôle.
Comment le repérer en match
Regardez où il se trouve quand son équipe a le ballon dans le camp adverse. Un renard est presque toujours dans la surface ou tout près, à hauteur du dernier défenseur, et presque jamais au milieu. Comptez ses ballons : ils seront peu nombreux, et beaucoup seront des tirs. Foot Mercato cite l'exemple de Mauro Icardi, qui touchait rarement plus de 25 ballons par match au PSG.
Regardez le moment où un centre va partir, d'un ailier ou d'un latéral qui déborde. Le renard fait un appel court et tardif pour perdre son marqueur, au lieu de rester immobile ou de courir loin. Et quand l'équipe perd le ballon, il a tendance à rester haut.
Dans les chiffres, un renard tire peu de loin et beaucoup de près. Ses buts attendus (xG) par tir devraient donc être assez élevés, même si son nombre de tirs reste modeste.
Quand un entraîneur le choisit
Un entraîneur choisit un renard quand l'équipe crée déjà des occasions et qu'il faut quelqu'un pour les finir. Cela suppose de bons centreurs sur les côtés, un partenaire qui gagne le premier ballon, ou des milieux qui frappent et provoquent des rebonds. Contre un bloc bas qui ne laisse pas d'espace dans le dos, il peut aussi être utile. Les occasions viennent alors des centres et des cafouillages dans une surface encombrée, pas des passes en profondeur.
Le choix est plus difficile quand l'équipe a besoin d'un attaquant qui presse, qui garde le ballon sous pression ou qui décroche pour créer. Même chose quand le plan repose sur une contre-attaque rapide, qui demande un attaquant capable de porter le ballon sur de longues distances.
C'est quoi un renard des surfaces au foot ?
C'est un attaquant qui reste dans la surface ou tout près et marque de près, en une ou deux touches. Il participe peu au jeu et compte sur son placement, son anticipation et sa finition.
Quelle différence entre un renard des surfaces et un pivot ?
Le pivot joue dos au but, gagne les têtes et garde le ballon pour ses partenaires. Le renard fait face au but et attend le ballon dans la surface. Dans une attaque à deux, ils jouent souvent ensemble.
Qui est le meilleur renard des surfaces de l'histoire ?
Gerd Müller est la réponse la plus fréquente : Foot Mercato en fait l'archétype du profil. Filippo Inzaghi et David Trezeguet sont les autres grands noms cités.
Pourquoi dit-on renard des surfaces ?
Parce que, comme un renard, il rôde et attend sa chance. Il vit dans la surface de réparation et profite du moindre ballon que la défense n'a pas su écarter.
Sources et pour aller plus loin
- Attaquant (football) — Wikipédia
- L'évolution de l'avant-centre, les renards des surfaces chassés ? — Foot Mercato
- David Trezeguet — Wikipédia
- Filippo Inzaghi — Wikipédia
- Gerd Müller — Wikipédia